De la Résilience

Conférence de Josette Beneteau au Musée de peinture de Saint-Frajou en août 2017 à l’occasion du Salon International Art Résilience 


 

 Introduction

 Merci à Ksenia Milicevic à m'avoir conviée à présenter un point de vue sur "l'énigme de la résilience" qui s'appuie sur mes expériences professionnelles, quelques lectures et  la  transmission de quelques amis et collègues.  Je vous ferai part, in fine, de  la manière  dont j'envisage  aujourd'hui cette question.

 Le concept de résilience est polysémique. Il entre dans de nombreux cadres disciplinaires et contextes. La preuve en est dans l'association fondée par Ksénia et ses  interventions sur "l'art et la résilience" :  "comment l'œuvre d'art  relie l'homme au Monde"? 

 On parle, en effet,  de résilience hors du champ de la psychologie,  résilience communautaire après tsunami, Hiroshima, tremblement de terre...résilience des artistes, des créateurs, des paysans, de la terre...  des animaux des végétaux...

 En psychologie l'idée de résilience est associée à celle de traumatisme et de maltraitance infantile. Les traumatismes et la maltraitance provoqueraient des troubles psychiques. S'il en était toujours ainsi, il n'y aurait plus de libre arbitre ,nous   serions déterminés par le contexte familial ou social, les événements traumatiques... et en conséquence irresponsable. C'est le destin ou le karma... 

 

Il y a ceux qui malgré une enfance difficile s'en sort sortis et qui ont réussi à vivre et à se développer malgré l'adversité.  Pour preuve, une étude de terrain des Anglos - Saxons  sur une longue période sur  l’Ile de Kauai, une des iles de l’Archipel d’Hawaï, sur  deux cents enfants en grave situation de risque, 70 s'en sortent: ils  sont gais , épanouis, et bons acteurs sociaux... cité par Cyrulnick P 16 : in "un merveilleux malheur". Il y a d'autres exemples comme celui-ci.

On a établi une liste de facteurs favorisant ce phénomène comme la perspicacité, l'indépendance, aptitude aux relations, l'humour, la moralité, la créativité... mais on ne peut dresser une liste exhaustive et certaine,  c'est pourquoi le processus résilient est si énigmatique.

 

 Quelques mots sur le traumatisme

 Le terme de traumatisme est emprunté au vocabulaire chirurgical, orthopédique. Le traumatisme est une blessure ouverte ou fermée. En psychanalyse on parle  traumatisme psychique.

 Suite  à un traumatisme , certains présentent des symptômes  du registre d'une névrose post-traumatique:  l'angoisse, l'inhibition , l'aboulie, la dépression... la perte de joie de vivre... et du potentiel créatif... Ils (les résilients) vivent, rient, aiment, travaillent, créent, alors que les épreuves qu’ils ont traversées auraient logiquement dû les mettre à mal.  

Freud en son temps qui recherchait l'étiologie  de la névrose hystérique  au début de ses travaux avait fait l'hypothèse que les troubles psychiques étaient dus à un traumatisme sexuel. Dès 1897,  Il  renonce  à la théorie de la séduction (lettre à Fliess du 21 septembre 1897.) "Je ne crois plus à ma neurotica".  Ce qui est traumatique c'est le télescopage d'un événement avec le fantasme de l'enfant.

Freud a  l'intuition  d'une autre réalité au-delà des événements factuels non  pas exactement ce qui est dans notre cerveau, mais ce qui se déploie à notre insu dans un appareil  conceptuel qu'il invente,  soit :"l'appareil psychique". Il met en lumière la petite musique intérieure  quasi inconsciente qui participe à l'évaluation des événements, à savoir le fantasme ." Il n'existe dans l'inconscient aucun indice de réalité de telle sorte qu'il est impossible de distinguer, l'une de l'autre, la vérité de la fiction investie d'affect".Cf la lettre qu'il envoie à Fliess du 21 septembre 1897.

Quand s’opère une rencontre brutale entre le fantasme inconscient et la réalité externe,  l’événement traumatique est potentiellement désorganisateur, car il abolit les barrières entre le dedans et le dehors (l’externe et l’interne) provoque un collapsus topique, qui entraîne une désorganisation  de  l'épreuve de  réalité.

 Freud est le premier  à nous faire part de l'idée que le trauma, c'est toujours dans l'après-coup qu'il se constitue, après une interprétation de l'événement soumise à notre lecture singulière de ce qui  est arrivé. C'est dans l'après-coup que le traumatisme s'implique dans le symptôme.

 Louis Crocq sur « les traumatismes psychiques de guerre »note  aussi ce phénomène d’après-coup dans les réactions  des personnes qui ont essuyé des traumatismes dus à la guerre. « Le temps de latence est un phénomène constant dans toute névrose de guerre, comme dans toute névrose traumatique » p 92 Les Américains après la guerre du Vietnam ont parlé de « postVietnam syndrome », alors qu’ils pensaient avoir réussi à réduire  la pathologie psychiatrique de guerre grâce à un dispositif de l’avant,(le dispositif de l’avant c’est le dispositif mis en place pendant la guerre afin que les soldats puissent continuer le combat)    n’avaient réussi à réduire que les troubles aigus du stress. 

Le stress concerne le registre biologique et le trauma est du côté du registre psychique, mais une personne peut avoir une réaction immédiate par un stress adaptatif et secondairement développer une névrose dite « traumatique ».  Freud  explique que « Ce n’est pas l’événement qui a une action traumatique, mais le souvenir, les fantasmes combinent les incidents vécus, le récit de faits passés et les choses vues par le sujet lui-même."

  Dans une lettre à Fliess du 6 décembre 1896, il ajoute: «  Je travaille sur l’hypothèse que notre mécanisme psychique s’est constitué par stratification : les matériaux présents sous forme de traces mnésiques subissent de temps en temps, en fonction de nouvelles conditions, une réorganisation, une réinscription. » 

 Ainsi  des événements, parfois anodins, peuvent avoir des conséquences démesurées en raison de la réactualisation de zones traumatiques antérieures. Des traumatismes antérieurs insuffisamment élaborés rendent potentiellement traumatiques les situations actuelles qui peuvent s’y associer, celles-ci « appelant » en quelque sorte le réveil des traumas antérieurs, ainsi réactivés. 

Du fait de cette complexité des états traumatiques, la réaction et les capacités de rebond ou de résilience au traumatisme seront spécifiques pour chaque sujet, elles dépendront étroitement de l’histoire traumatique antérieure et des défenses mises en place  à l’époque et après-coup.

le concept d résilience avance des explications sociologiques, culturelles, environnementales, personnelles, historiques à la question de pourquoi c'est un traumatisme pour quelqu'un et pourquoi ça ne l'est pas pour d'autres . Le concept de résilience porte sur un aspect complexe et inextricable de la réalité sociale, sur la multiplicité des facteurs et de leur interconnexion . Les premiers travaux en appui à ce concept (il est très ancien) viennent des pays anglo-saxons et Nord-Américains, à partir des années 1980. 

Ce concept de résilience tente d'intégrer les théories psychanalytiques, comportementales, l’approche clinique, psychopathologique et socio-éducative contemporaine.

 Cette capacité pour un individu à faire face à une situation difficile ou génératrice de stress ou « l'art de naviguer entre les torrents" s'est propagée sous l’influence de psychiatres américains spécialistes de la petite enfance, tels Emmy Warner ou John Bowlby. 

En France, la figure de prou, c'est indéniablement Boris Cyrulnyk :Un merveilleux malheur (Odile Jacob ; les Vilains Petits Canards (Odile Jacob), Il est le  porte-parole de la théorie de la résilience le plus repérée en France,: Il est éthologue, psychiatre, neurologue. Dans son ouvrage : « le murmure du fantôme »  édité chez Odile Jacob, il cite des exemples de personnalités résilientes connues comme Marylin Monroe, Georges Perec…  

Le concept de résilience est emprunté à la physique des matériaux, la résilience de l’acier (sa qualité) varie brusquement  de part et d’autre, à une certaine température, dite température de transition et  retrouve sa forme initiale. Par analogie, chacun de nous possèderait une potentialité différente à résister aux pressions qui varierait brusquement en intensité à l’occasion d’une circonstance donnée. 

Un individu peut-être tantôt résilient , tantôt vulnérable et la vulnérabilité d’un sujet peut se transformer en résilience à l’occasion d’un événement signifiant ou s’il a l’appui d’une rencontre fondatrice.

 

 Des exemples

Alexandre Jolien (c’est un philosophe qui souffre d’une dysarthrie suite à une atteinte des noyaux gris centraux, "condamné dans une institution de soin à un avenir de rouleur de cigares") écrit : in  Éloge de la faiblesse et le métier d’homme que  c’est sa rencontre avec Socrate qui a été déterminante pour avoir répondu à cette question : "que faire de sa vie et de sa mort ?". A Jolien  dit que la motivation doit s’agripper à un horizon nouveau . L’horizon pour lui a été la philosophie, il a dit aussi que la culture a sauvé sa peau .

 

 Je pense encore à Cyrulnick qui a échappé enfant  à plusieurs rafles "et qui a  écrit ce livre remarquable:  aussi  par son titre "Sauve-toi la vie t 'appelle!"  ses ouvrages , ses conférences...  Il est bien placé pour parler de ce concept comme tous les enfants de la dernière guerre que j'ai croisés  et qui ont raconté à grands traits leurs histoires parce que pour eux le traumatisme n'est pas venu du hasard, d'une tuile tombée d'un toit un jour de grand vent , le traumatisme est venu de l'Autre , du semblable, de celui qui nous ressemble ...et qui n'a eu aucune pitié et qui a  même pu dans certaines situations se montrer aimable: une mauvaise rencontre avec non pas la méchanceté, mais la mauvaiseté de l'autre.

Je pense à Simonne Veil que vous connaissez et qui nous a quittés au mois de juin, à 15 ans séquestrée dans un camp d'extermination . Dès la fin de la guerre elle a milité pour la paix franco Allemande alors qu'elle avait perdu sa mère et des membres de sa famille pendant la guerre.que. Que plus jamais ce qui  lui est arrivé n'arrive à quiconque Il y a donc dans notre nature humaine  qui peut nous apparaître si peu humaine   parfois, une dose d'empathie . "Contrairement à nombre de ses lecteurs, Darwin n'a jamais oublié un instant que la sélection naturelle ne se borne pas à sélectionner des variations organiques avantageuses. Elle sélectionne aussi (...) des instincts", et notamment "une "sympathie" altruiste et solidaire dont les deux principaux effets sont la protection des faibles et la reconnaissance indéfiniment extensible de l'autre comme semblable.",  écrit Patrick Tort. Cela explique  sans doute pourquoi les  victimes de maltraitance infantiles ne deviennent pas des parents maltraitants... comme l'on a tendance à le craindre. La répétition n'est pas un destin.

 

 À propos de la résilience encore...

 C'est un sujet inépuisable, on pourrait évoquer aussi la résilience des sans pays,  des résistants, des paysans...  Et revoir le film de  "Et la vie continue" malgré le tremblement de terre qui a tout dévasté au nord de l'Iran : film de Abbas Kiarostami" grand maître du cinéma iranien. Il est mort à Paris l'année dernière.

 Envers  revers de la résilience

le travail d'élaboration de l'événement traumatique.

 Le propre de l'événement traumatique est de résister au processus d'historisation cité par Cyrulnick, il reprend cette idée de " Waintrater"   dans "Sauve-toi, la vie t'appelle" p267.

 Le souvenir  dans ce cas n'évolue pas; les gens qui sont traumatisés par un événement racontent à l'identique la même scène, sans transformation, sans historisation,  comme une empreinte. L'événement peut resurgir inopinément le jour et, la nuit sous forme de cauchemars, autrement dit, c'est un arrêt sur image . 

 Le processus d'historisation est différent. Il permet d' associer à d'autres souvenirs, il suscite des recherches,  des rencontres qui vont modifier les représentations de l'événement et   de nous même et nous ouvrir aux autres. 

 Un  travail de psychothérapie analytique ou une cure   peut produire ce résultat grâce au travail associatif, le souvenir figé, crypté va se connecter avec d'autres souvenirs, d'autres événements passés... s'élaborer,  décharger l'affect ou l'émotion qui lui était associée.

 Le surpoids émotionnel du traumatisme perdra de son intensité. Alors l'événement fera partie de l'histoire d'une vie. Il ne sera pas refoulé, crypté. Il ne produira plus d'effets symptomatiques secondaires.

 Une certaine agressivité combative est nécessaire pour sortir de la position de victime . Quand on ne parvient pas à changer de position,  le scénario ou bien tombe dans l'oubli (refoulé) ou  bien il  se répète dans la vie psychique et  envahit la pensée... la nuit par des cauchemars récurrents. 

L'expression verbale  à un rôle à jouer. Raison pour laquelle après un traumatisme se pratique le   débriefing. On amène la victime à parler de ce qui est arrivé  On a remarqué que ce dispositif diminuait le syndrome  de  stress post-traumatique à condition que l'on ne fasse pas du forcing pour libérer la parole après un choc... 

 Les facteurs environnementaux du résilient: Le lien social

Les artistes pour continuer à créer ont aussi besoin du soutien de  ce lien social. Quand le lien social se délite, on ne peut plus créer... ou difficilement. On ne crée pas  pour soi, ni seulement pour quelques proches... que l'on aime bien. Sans compter que  l'œuvre d'art participe au processus de résilience comme le dit si bien Ksénia  en "reliant l'homme au Monde, en le faisant participer à la grande respiration du vivant". L'homme blessé se replie sur lui-même, ce qui est normal  quand le repli ne dure pas.

 Un mot sur les indications d'un travail analytique après un traumatisme; Il est indiqué quand effectivement le traumatisme a conduit quelqu'un à une sorte de mort psychique  qu'aucun entourage,  lien social ou débriefing ne parvient à réanimer. Le désir de vivant se trouve emprisonné dans la répétition de l'événement. 

Quand en parlant avec une victime le souvenir persistant de l'événement revient en boucle, son rappel, chargé d'émotion...  il y a dans ce cas, une fixation névrotisante,  une difficulté à transformer l'événement, le replacer dans le temps et l'espace, dans une histoire  parmi d'autres,  dans un  contexte, à en tirer des conséquences, à accepter le fait que  l'après n'est plus jamais comme avant. Si l'acier revient à sa forme primitive d'avant  l'échauffement, il n'en va pas ainsi pour nous les hommes  qui ne sont ni de bois ni d'acier.

 

 Les limites du devenir résiliant

Il  y a des traumatismes dont on ne se remet pas...L'infans  (celui qui ne parle pas encore) est le plus vulnérable car le souvenir du choc traumatique lui est inaccessible, reste des traces...inscrites dans le corps.

la vulnérabilité générale de l’enfance aux conjonctures traumatiques est en lien avec le  degré maturité de l'appareil psychique.  Ce qui est traumatique à une époque donnée ne l’est pas nécessairement plus tard, quand la psyché a accru ses capacités représentatives ou ses capacités de défenses. (La séparation, par exemple, ne produit pas les mêmes effets selon l’âge du sujet et ses capacités à se représenter l’absence durablement, ce qui atténue le vécu de perte et le colore affectivement de manière différente.)

 

 À propos du stress

 Un événement peut provoquer un état de  stress tel  qu'il déborde les capacités   psychiques , biologiques, neurologiques  ...

 Le stress aurait un effet sur le raccourcissement des télomères  chez les personnes ayant vécu la maltraitance dans l'enfance. Les télomères sont  des structures situées aux extrémités des chromosomes et les  protègent. Avec l'âge, les télomères raccourcissent. Leur longueur est considérée comme un indicateur de l'âge biologique..

 Les personnes ayant vécu le stress de la maltraitance et des abus dans l'enfance auraient plus de risque de subir un vieillissement cellulaire accéléré... (revue Biological Psychiatry) .Question : N'est-ce pas réversible? 

On peut objecter que l’étonnante plasticité neuronale peut autoriser  à  penser qu’au cours de la vie, une zone défaillante soit prise en charge par une autre, à la suite d’un handicap  ou d’un traumatisme. Le cerveau dispose d’une multitude de fonctions mémorielles qui agissent en système et en complémentarité et se modifient sans cesse sous l’effet de la plasticité neuronale. Le cerveau n'est pas un organe passif qui reçoit des informations et  les imprime,  il les traite et les transforme! 

"L'essentiel est invisible aux yeux

 "Vu de l'extérieur, l'homme blessé cache sa division intérieure. "Nous sommes structurés comme des oxymorons" écrit Cyrulnick. Un oxymore, c'est une figure rhétorique:, par exemple" un merveilleux malheur", c'est le titre d'un livre de Boris Cyrulnick. Comment un malheur peut-il être merveilleux?. Certains témoignent pourtant que leur cancer, leur parkinson...a changé leur manière de vivre  et les ont  transformés... 

 D'autres  que l'on croyait invulnérables, d' incontestables résiliants pour avoir surmonté les épreuves des camps de concentration ont mis fin à leur jour en dépit de leur réussite et renommée: Celan, Levi, Zweig et Bettelheim... .

 

 Une conclusion et version personnelle du traumatisme et de la résilience

Je ne  considère pas qu'un traumatisme "fabrique" un traumatisé. La capacité de rebondir existe même si nous gardons  la trace mémorielle, somatique, psychique d'un événement, d'une histoire  tragique . 

La réponse d'un sujet à un traumatisme est imprévisible, sans lien direct, de cause à effet  avec l'événement, sans lien avec la gravité de l'événement. Si l'on cherche une cause, on se fourvoie, si l'on cherche des causes, on a plus de chance de s'approcher de la vérité...

 Seuls, ceux qui sont concernés peuvent expliquer non pas les causes, mais les raisons qui les ont conduits à se remettre d'un  traumatisme. 

 Ce qui est  primitivement et potentiellement traumatique pour  Otto Rank ,  et Mélanie Klein,  c'est la naissance... J'aurais tendance à penser que c'est la rencontre manquée avec la mort. Nous oublions que nous sommes mortels et certains événements nous la  font frôler, voir en face, la nôtre ou celle des autres : maladie, attentat, accident, torture... Ces situations sont indéniablement et potentiellement traumatisantes, provoquent des réactions émotionnelles fortes.    

Notre point de vue va  s'en trouve modifié et c'est pourquoi certains réagissent, rebondissent et éprouvent la joie, la chance d'être vivant. 

C'est le désir qui fait vivre et rebondir, dépasser les épreuves. Quand nous sommes  en panne de désir, c'est terrible. Après un événement traumatogène , le sujet se trouve dans cet état, désorienté, confus, sans élan... Cet état transitoire pour la plupart  de "mort psychique"  enlève le goût de vivre, de se lever, aux yeux de voir,  aux aliments leur saveur... 

 Cet état  étouffe la vie qui n'a plus  alors de  direction. Il est urgent de tendre la main à ces personnes en  situation de détresse, de servir de "tuteurs de résilience" dans la réalité sociale et pour les thérapeutes, les psy de tendre l'oreille  aux brisures de la fracture psychique que peut provoquer le traumatisme, cliver tel un "oxymoron", la psyché.

 Pour survivre, le sujet peut faire appel au clivage; le vécu qui ne se transforme pas en souvenir reste enfermé dans le non dit, oublié et omniprésent à la fois, et devient un corps étranger.  

 Résilier, si je peux me permettre cette expression a un prix et  ce n'est pas un fait acquis définitivement.

 Je crains qu'avec les propos  graves que j'ai tenus, vous ne repartiez après la conférence, avec le moral en berne, sans compter  les mauvaises nouvelles qui nous viennent de Barcelone... Quoiqu'il en soit,  contempler des œuvres d'art  ici et maintenant  dans cette petite école de Saint-Frajou qui s'est transformée en Musée, ouvre les yeux sur le Monde et donne des ailes au désir de vivant ! 

 

 Josette Aurignac Bénéteau 

 Psychologue et Psychanalyste 

Le 19 aout 2017  au Musée de peinture de Saint Frajou


Josette Aurignac Bénéteau
Josette Aurignac Bénéteau